L’histoire de la kinésithérapie, de l’antiquité à nos jours

 

Vous souhaitez devenir kiné, mais que savez-vous de l’histoire de la kinésithérapie ? Nous avons choisi pour cet article de nous intéresser à l’histoire de cette discipline. Comment est née la kinésithérapie ? Où ? Quelles sont ses origines ? Comment a évolué sa pratique avec le temps ?
 
Partons pour un voyage dans le temps afin de retracer l’histoire du métier de kiné !
 

 

Qu’est-ce que la kinésithérapie?

 

 
Avant de commencer cette aventure il est important de définir le métier de kiné.
 
Le mot « masseur-kinésithérapeute » vient du grec « massein » : pétrir, « kinésis » : mouvement et « therapeuein » : soigner.
 
Le masseur-kinésithérapeute regroupe tous les modes de traitement qui agissent sur l’organisme grâce à des mouvements soit actifs, soit passifs : massages, mobilisations, gymnastique, mécanothérapie, etc.
 
La kinésithérapie fait partie des professions paramédicales, du domaine de la rééducation et de la réadaptation fonctionnelle.
 
Les praticiens français et belges sont appelés kinésithérapeutes. Dans les pays anglo-saxons l’appellation est Physiotherapist (Grande Bretagne, Australie, Nouvelle-Zélande, Canada), ou Physical Therapist (États-Unis). Quant aux kinés allemands ils sont appelés Physiotherapeut.
 
L’histoire de la kinésithérapie ne date pas de la création du diplôme de masseur-kinésithérapeute. Le principe du soin par le massage et le mouvement est ancré depuis l’antiquité.
 

Les origines de la kinésithérapie

 

 

Les origines antiques

 
Comme le massage, la thérapie par le mouvement pourrait trouver son origine dans l’Antiquité.
 
En Chine, King Fu, 2700 ans avant J.C. fait appel à la gymnastique, aux postures et au contrôle respiratoire en fonction des symptômes ressentis. Le but : « de favoriser l’harmonie entre les facultés intellectuelles et les différentes parties du corps afin que l’âme ait un serviteur puissant et fidèle ».
Le Qi-Gong et le Tai-Chi sont des gymnastiques douces et lentes issues de la médecine traditionnelle chinoise recherchant l’harmonie de l’énergie vitale avec le corps et l’esprit.
 
En Inde, 1600 ans avant J.C. l’Ayurveda préconise des mouvements passifs et des exercices corporels.
 
L’époque gréco-romaine, quant à elle, marqua fortement la culture occidentale en posant les fondements de sa médecine.
Le grec Heridicos de Sélymbria et son élève Hippocrate (IVème-Vème siècle avant J.C.), préconisent la gymnastique médicale et les massages dans la préparation des athlètes dans les palèstres. Les palèstres sont les lieux, sous la Grèce antique, où les adolescents entre 12 et 16 ans pratiquaient la lutte, la gymnastique et d’autres exercices physiques.
Le médecin romain Galien (131-201 après J.C.) élabore une théorie explicative de la contraction musculaire et du mouvement
 

La période médiévale

 
Au Moyen-Age, la pratique de la thérapie manuelle et mécanique tombe peu à peu en désuétude.
 
À cette période les avancées médicales sont pauvres, et ce, jusqu’à la Renaissance. Le Christianisme réprouve les soins du corps qu’il estime inconvenants. Ceux-ci sont abandonnés et les moines médecins trouvent les incantations et les oraisons plus convenables. L’hygiène, les bains et les thermes furent détruits, les soins du corps regardés comme un luxe inutile.
 

La Renaissance et la période moderne

 
La renaissance voit les découvertes scientifiques s’accroître. Symphorien Champier (1472-1539) puis Ambroise Paré (1509-1590) ouvrent la voie scientifique de la rééducation par le mouvement. L’italien Giovanni Alfonso Borelli (1608-1679) comprend que les muscles créent des forces proportionnées à leur structure. Le médecin allemand Friedrich Hoffmann (1660-1742) décrit la gymnastique médicale dans son traité de médecine au sein duquel il distingue le mouvement passif du mouvement actif.
À la même époque, le doyen de la Faculté de Paris Nicolas Andry de Boisregard (1658-1742) publie un ouvrage dans lequel la thérapie par les exercices physiques est détaillée. Citons enfin, Joseph Clément Tissot (1747-1826), chirurgien des armées de Napoléon, qui décrit en 1770 les applications thérapeutiques de la gymnastique.
 

La naissance de la discipline

 
Au début du XIXème siècle, cette mouvance va se concrétiser comme une discipline thérapeutique à part entière grâce au suédois Pehr Henrik Ling (1776-1839). Celui-ci est considéré comme le « père de la masso-kinésithérapie ». Ling élabore une méthode de gymnastique préconisant une pratique graduelle et adaptée.
 
Il collabore avec le gouvernement suédois afin de former des professeurs d’éducation physique. Il rédige un peu plus tard « Les fondements généraux de la gymnastique ». A partir de 1837, L’Institut central de gymnastique de Stockholm délivre le diplôme de médecin-gymnaste à ses élèves qui partent ensuite ouvrir en ville des salles de gymnastique et de massage. Un médecin suédois, le Docteur Gustav Norstrom, promoteur du procédé, tente de convaincre ses confrères parisiens de l’intérêt de la pratique en ville. Nous pouvons notamment citer Fernand Lagrange et René Mesnard comme des précurseurs de la discipline en France.
 
Il faudra les deux guerres mondiales pour que la Kinésithérapie fasse définitivement la preuve de son efficacité. Cela en permettant une récupération des combattants plus rapide, avec des séquelles moindres.
 

La reconnaissance officielle de la kinésithérapie

 
Devant le nombre considérable de victimes durant la guerre de 1914-18, des centres spécialisés vont rassembler l’ensemble des pratiques physiothérapiques. Ceux-ci légitiment la physiothérapie pour la récupération et la rééducation des blessés. Les principaux procédés, disséminés et développés vers 1890 autour de spécialités émergentes, se trouvent ainsi regroupées par le service de santé des Armées.
 
Les hôpitaux et les « centres de mécanothérapie » manquent de main-d’œuvre. Les médecins et le personnel soignant ne sont pas assez nombreux. Les Pouvoirs publics autorisent alors le recrutement de blessés inaptes à retourner au front. Certains deviennent infirmiers, d’autres sont affectés aux services de rééducation. Les médecins sont formés à la rééducation en 15 jours. Tout le monde se forme « sur le tas ».
 
Selon les autorités militaires, 80 % des blessés peuvent retourner au front. pour les autres, les taux d’invalidité sont notablement inférieurs à ce qu’ils auraient été sans rééducation.
 
La nation a un devoir de reconnaissance envers ses morts, ses blessés mais aussi envers le personnel soignant qui a rendu d’immenses services. L’armée a compté jusqu’à 100 000 infirmiers. Le législateur va devoir en tenir compte et adapter la réglementation à la réalité. Premièrement la profession d’infirmière reçoit en 1922 un Brevet de Capacité Professionnelle. Puis, sous l’action conjuguée des aveugles et des responsables d’écoles, le diplôme d’État d’infirmier masseur en 1924 et de masseur aveugle en 1926 sont instaurés.
Ils comprennent des enseignements théoriques et pratiques de massage, de mécanothérapie, de rééducation motrice, d’orthopédie, de kinésithérapie, de gymnastique, d’hydrothérapie et de physiothérapie.
 
Durant la guerre 1939-1945, les groupes professionnels vont poursuivre la demande de reconnaissance de leurs activités.
 
Ainsi Le 30 avril 1946, le diplôme d’État de masseur-kinésithérapeute est créé et se substitue à la spécialité d’infirmier-masseur et aux gymnastes médicaux.
 
Ce nouvau diplôme doit oeuvrer à la « reconstruction sanitaire du pays » en officialisant le Diplôme d’État de Masseur-Kinésithérapeute. Ce diplôme d’Etat confère à ses titulaires le monopole de l’exercice du massage et de la gymnastique médicale.
 
Désormais officialisée et encadrée, la kinésithérapie est ancrée dans le domaine médical.
 
 
Héritée de la médecine grecque et romaine, la kinésithérapie tire ses origines d’un ensemble de connaissances appartenant aux savoirs populaires, à la physiologie des êtres vivants, ainsi qu’aux pratiques sportives.
 La profession de masseur kinésithérapeute est assez récente. Le massage et la gymnastique médicale à la fin du XIXe et au début du XXe siècle organisent les prémices de la kinésithérapie moderne. En 1946, après la seconde guerre mondiale, l’activité des « masseurs » a été réglementée et le diplôme d’État de masseur-kinésithérapeute a été créé. L’ordre des masseurs kinésithérapeutes a été institué par la loi de santé publique du 9 août 2004. Depuis la rentrée 2015, la formation initiale en masso-kinésithérapie s’inscrit dans le cadre LMD (Licence-MasterDoctorat).
 
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